Intervention d’Alain L’hénoret pour le groupe PS :
Avant de débuter mon propos je tiens tout d’abord à remercier le travail des services, le service financier bien sur au travers de son directeur Stanislas Daviaud qui a été particulièrement disponible et d’une grande coopération pour répondre à toutes les interrogations. Je tiens bien sûr à remercier les services qui nous apporter leur soutien dans la préparation des budgets de nos délégations. Enfin je salue le Directeur Général des services qui nous a conseillé, voire alerté sur l’incertitude budgétaire dans laquelle nous sommes en cette fin d’année et à l’approche de 2012 !
L’actualité reste aujourd’hui focalisée sur la crise de la dette dans la zone Euro. La crise financière de 2008 continue de produire ses effets économiques et sociaux. En France, le Projet de loi de Finances du Gouvernement pour 2012 rogne de 200 M€ l’enveloppe versée aux collectivités. A travers la crise du capitalisme financier plus personne ne peut contester aujourd’hui que la démocratie elle-même est à la croisée des chemins si les remèdes ne sont pas trouvés et si une action publique responsable ne se déploie pas pour protéger les populations. La seule réponse à la crise ne peut pas être le populisme, le clientélisme et le chacun pour soi au détriment du vivre ensemble, de la solidarité et de la justice,
Cette bataille pour l’action publique, pour le service public facteur de solidarité, d’équité et tout simplement de liberté, les socialistes, les démocrates nous la menions déjà hier. Nous devons la mener encore davantage aujourd’hui, à l’heure où la crise nous frappe de plein fouet et où nos concitoyens en appellent au déploiement d’une action publique socialement efficace, une action publique massive qui soit à la hauteur des drames qui se jouent ou qui vont se jouer par milliers dans notre pays.
Alors que nos concitoyens sont confrontés à des difficultés sans précédents, comment concevoir que les filets de la protection sociale relâchent leurs mailles ? Alors que le chômage se massifie chaque jour davantage, en particulier le chômage des jeunes qui atteint des seuils révoltants ! Comment admettre le positionnement confus d’un Etat qui prétend relancer la machine sans s’en donner les moyens et qui se repose sur les collectivités, les invite à se mobiliser, tout en leur coupant les vivres !
Face à cette situation, force est d’admettre que l’Etat n’est tout simplement pas au rendez-vous. Personne ne dit que c’est facile. Personne n’a la recette miracle. Mais personne ne peut considérer pour autant que l’action du gouvernement soit à la hauteur de la situation. Un gouvernement qui ne fait qu’aligner les mesurettes comme des plans de la dernière chance et qui impactent toujours les mêmes classes de la population. les deux grands absents de la politique du gouvernement restant toujours : le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, et la justice sociale mise à mal par le paquet fiscal réservé aux plus aisés !
Dans ce contexte, Lanester est aussi en prise avec les difficultés de la vie actuelle et par là aussi solidaire de sa population dans ce même contexte : Cette solidarité qui ne date d’aujourd’hui et qui est la marque de fabrique de Lanester depuis plusieurs mandatures : les chiffres donnés dans le document joint sont là pour nous le rappeler :
Une politique de logements sociaux importante : Lanester avec 25.6 % de logements sociaux est la 2ème du pays de Lorient cela se traduit aussi par un revenu moyen par habitant le plus faible du pays de Lorient avec 10000 € (même si il et en constante augmentation : il part de si bas !) quand le revenu moyen d’une ville côtière atteint le double et que son taux de logements sociaux n’atteint pas 3 %.
Il est temps que la solidarité dépasse les frontières des communes de Lanester, Lorient et Hennebont !
Cette situation qui peut paraitre précaire ne permet pas à la ville d’avoir des marges de manœuvre importantes en matière fiscale !
Dans ce contexte difficile, on peut constater que la ville garde par une gestion saine cependant des marges de manœuvre lui permettant une capacité d’autofinancement en progression et une stabilité de l’encours de la dette à la date d’aujourd ‘hui. Néanmoins comme je disais déjà l’an dernier il est clair qu’il faudra être vigilant à notre santé financière car la démolition systématique des assurances en termes d’égalité, de solidarité, de santé, d’éducation que procure le Service Public aura un impact sur notre politique communale et nous devrons être en mesure d’y répondre !
En particulier la très grande incertitude jamais rencontrée dans laquelle nous plonge la crise nous impose d’être, en tant que gérant de l’argent public, extrêmement rigoureux et s’il ne faut pas rester inactif dans la période, il nous être prudent et raisonnable. Dans le contexte, les difficultés d’emprunt actuelles avec des conditions très défavorables doivent contraindre le recours à l’emprunt, et donc limiter nos investissements. Dans le cadre de la gestion de la dette, s’il est vital de diminuer notre endettement et de continuer à le diminuer dans la maîtrise financière qui est la nôtre aujourd’hui, il serait particulièrement imprudent voire irresponsable de ne pas mesurer le risque que nous font peser les 34 % d’emprunts structurés (les fameux emprunts « toxiques ») et dont nous ne connaissons pas aujourd’hui l’évolution future des taux d’intérêt ! Des taux d’intérêt qui pourraient tout à fait faire exploser les compteurs !
Après ce préambule, je souhaite apporter au nom du groupe PS les précisions en matière d’orientation budgétaire et le résultat de nos réflexions sur le sujet.
Globalement la ville maitrise ces dépenses de fonctionnement mais dans le contexte actuel plutôt que de relever systématiquement le budget de fonctionnement de 1 % il pourrait être décidé de le maintenir à 0% voire de tendre dans cette direction, ceci permettrait d’aborder avec une réflexion plus globale sur des économies à réaliser dans certains secteurs pour avoir des marges de manœuvre plus fortes dans d’autres domaines.
Concernant donc les dépenses de fonctionnement autant nous pouvons saluer toutes les initiatives en matière de réduction de la facture énergétique (différents diagnostics) et nous comprenons bien que nous subissons la facture liée aux hausses de l’électricité et de l’augmentation accrue de la facture du gaz mais nous souhaiterions que l’on fasse un retour d’expérience et que nous menions les corrections concernant le réseau de chaleur lié à la chaudière à bois qui semble t il occasionne des hausses importantes de la facture énergétique . Nous étions en droit d’espérer par la filière bois de meilleurs rendements par rapport aux combustibles classiques .
Par ailleurs nous nous interrogeons sur l’opportunité de la candidature à l’obtention de la 4ème fleur qui aurait comme conséquence une hausse des moyens dédiés aux espaces verts : est-ce vraiment le moment ? si on peut saluer le travail de notre service espaces verts qui répond à l’embellissement de la ville et qui est reconnu par les habitants, pourquoi aller plus loin dans la reconnaissance si cela engendre des coûts supplémentaires ?
Dans le domaine du numérique, nous souhaitons que soit développé un schéma directeur informatique à l’échelle de la collectivité qui inclurait à la fois les aspects matériels et logiciels, la maintenance, le développement de l’administration numérique, de la formation des agents, l’acquisition de compétences et des actions à mettre en œuvre pour réduire la fracture numérique. Si nous pouvons saluer positivement les actions faites actuellement, nous jugeons nécessaires d’avoir une vision d’ensemble pluri annuelle, de fixer les priorités et ainsi d’avancer de manière uniforme dans l’ère numérique en faisant des économies d’échelle !
Concernant la masse salariale qui est très importante, il est nécessaire de la maîtriser, l’enjeu est non pas de la réduire quantitativement, ce n’est pas une fin en soi mais de la parfaire qualitativement avec parfois le redéploiement de notre action, le fait de se recentrer sur nos missions de service public, de prévoir et acquérir les compétences dont nous aurons besoin dans les années à venir.
Cela nous permet quand même d’avoir une orientation politique vers les associations en soutenant leur action qui est un des facteurs de la cohésion de solidarité territoriale en maintenant une augmentation de 2% de leur subventionnement.
Dans le même ordre d’idée , devant le chantier social qui nous attend et les difficultés que pourront rencontrer les usagers des structures gérées par le CCAS ainsi que les structures elles-mêmes avec le désengagement de l’état , la question doit se poser de l’augmentation de la subvention CCAS qui est gelée depuis plusieurs années.
Au niveau des recettes nous continuons d’assister à la baisse des subventions d’état en attendant de voir les conséquences pour Lanester du Fonds de Péréquation Inter Communal qui vient d’être adopté par le sénat et qui serait traduit dans le projet de loi de finances 2012.
La décision de geler les tarifs concernant la restauration scolaire et les garderies périscolaires est appréciée d’autant plus que le travail de modernisation de la tarification des services n’est pas achevé et qu’il devrait apporter plus d’équité, et d’harmonisation : A cet égard il nous semble plus pertinent et stratégique de redéfinir cette politique de tarifs en faisant évoluer tous les tarifs en même temps .
Donc dans l’attente des conclusions de l’étude globale sur une nouvelle tarification plus juste, et dans le contexte actuel de difficultés réelles où les familles se trouvent, le groupe socialiste comme il l’a fait en 2010, ne votera pas l’augmentation de 2 % des tarifs qui concernent directement les familles ou les jeunes en particulier c’est-à-dire les tarifs du domaine enfance loisirs culture. : Les bordereaux concernés aujourd’hui étant les n° 38 ,39 et 45.
Je rajouterai que cet effort qui ne coûtera pas tant à la ville (7 K€ de recettes en moins) mais qui serait un geste fort vers les familles et les jeunes qui sont les premières victimes de la crise.
Au chapitre investissements, vous ne serez pas surpris que nous sommes en complète harmonie avec les investissements qui seront prévus dans le domaine du logement. Il est clair que le logement est une des préoccupations premières de nos concitoyens au même titre que l’emploi, la santé et l’éducation. Nous partageons donc les orientations dans les programmes de soutien à la rénovation urbaine, à la rénovation et à la modernisation de nos écoles.
La mise en œuvre du skate Park qui est souhaitée par les jeunes lanesteriens, un projet sur lequel ils sont partie prenante au travers de leur implication à la définition du cahier des charges est un exemple de la réponse positive que l’on peut donner à notre jeunesse.
Concernant l’Espace Culturel et de Loisirs , L’Espace Jean-Claude Perron auquel nous avons adhéré collectivement et que nous souhaitons voir réalisé , je dirai simplement que les contraintes liées aux submersions marines , les contraintes liées à notre situation économique avec devant nous un avenir incertain, sont une réelle opportunité , je ne dirai pas bien sûr une chance , pour revoir le projet dans son ensemble , à la fois dans la démarche de concertation qui a été forte dans le projet initial et dont il ne faut oublier l’implication des contributeurs , avec la double contrainte de l’adapter à une politique culturelle cohérente avec le territoire , complémentaire à l’existant du pays de Lorient d’une part et d’autre part à la donne budgétaire qui nous impose, de limiter cet investissement au final à 6 M€ pas 1 euro de plus, ! Pour notre part nous serons vigilant sur ce point . Nous souhaitons devant ces différentes contraintes que dès à présent ,pour tenir compte de tous les aléas pouvant subvenir dans un tel projet de convenir d’ une enveloppe initiale plus réduite à par exemple à 4.5 m€ .
Pour maîtriser nos choix budgétaires, il nous semble par ailleurs urgent de réactualiser notre Plan Prévisionnel d’Investissements. Le dernier plan couvrait la période 2009- 2014, il faut d’ores et déjà faire le PPI 2011-2016, ce nouveau PPI nous permettra d’avoir une vision claire des projections concernant nos provisions partielles pour l’espace culturel mais aussi de préparer nos choix de demain qui ne manqueront pas, jen suis sûr !
Alain L’hénoret Pdt groupe Socialiste
